Analyse de l’arbre de défaillances (Fault Tree Analysis)

L’analyse de l’arbre de défaillances (FTA) repose sur une approche dynamique et a pour but d’obtenir une description objective d’un événement indésirable par un examen de faits. L’analyse consiste à reconstruire le processus d’un accident en identifiant les facteurs qui y ont contribué. Il peut également être utilisé pour analyser certaines non-conformités.

Les étapes de la méthode sont présentées ci-dessous.

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Première étape : recueillir les faits

Les événements dangereux ou graves sont identifiés en premier. Des facteurs peuvent être retrouvés dans différents domaines, à savoir :Individu : prédisposition individuelle, méconnaissance du risque, manque d’expérience...

  • Individu : prédisposition individuelle, méconnaissance du risque, manque d’expérience...
  • Tâche : procédures de travail, contrôle...
  • Matériel : conception, usure, utilisation incorrecte...
  • Environnement physique : éclairage, bruit...
  • Environnement : climat social, relations interpersonnelles...
  • Organisation du travail : travail répétitif, travail monotone...

L’objectif est d’identifier l’ensemble des facteurs qui ont donné lieu à l’accident. Il ne s’agit certainement pas de pointer un responsable du doigt, c’est pourquoi les données (expertise technique, témoignages, etc.) doivent être recueillies de manière objective, sans interpréter ni émettre de jugement.

Les faits doivent aussi être tangibles, vérifiés et documentés. L’objectif est d’identifier les causes réelles de l’événement indésirable. Cela permet d’identifier également de nouvelles causes ou de nouveaux risques ou de mettre des risques inconnus ou mal connus en évidence.

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Deuxième étape : établir l’arbre de défaillances

Toutes les combinaisons de défaillances individuelles qui peuvent conduire à ces événements dangereux sont ensuite représentées selon une structure logique dans un arbre de défaillances. Plusieurs questions se posent, à savoir :

  • Quelle est la cause d’un fait spécifique ?
  • Cette cause était-elle nécessaire pour que le fait se produise ?
  • Cette cause était-elle suffisante pour que le fait se produise ? En d’autres termes, aucune autre cause n’est intervenue ?

Lors de l’élaboration de l’arbre de défaillances, on peut être confronté à différentes combinaisons de relations logiques entre les causes, qui sont présentées dans le tableau suivant.

Schématique

Le schéma montre à quoi ressemble un arbre de défaillances. L’incident indésirable est placé à l’extrême droite dans une case. Les faits sont ensuite classés dans des cases de droite à gauche et reliés ensemble leur relation.

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Troisième étape : classer les causes

Les causes doivent ensuite être réparties en catégories, conformément à la réglementation relative aux accidents graves du travail, voir ci-dessous.

Une fois la cause identifiée, on peut calculer mathématiquement la probabilité que l’événement indésirable se produise, en tenant compte des différents liens logiques (enchaînement, disjonction, conjonction).

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Quatrième étape : détermination quantitative

A ce stade, on peut calculer la probabilité de survenance de l'événement indésirable:
  • on détermine les probabilités d'occurrence des différentes causes.
  • on calcule de façon mathématique la probabilité d'occurrence de l'événement indésirable en tenant compte des différentes fonctions logiques (succession, disjonction, conjonction).

Cinquième étape : proposer des mesures et un plan d’action

Sur la base de l’analyse des causes constatées, on va :

  • choisir des objectifs d’action ;
  • sélectionner les meilleures solutions ;
  • définir un plan d’action et
  • évaluer les résultats.

Avantages et inconvénients

  

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Auteur

Luc Van Hamme - Conseiller général à l’inspection du travail, @ Contrôle du bien-être au travail, Direction de Bruxelles-Capitale

Source : senTRAL